Le management de transition opportunité ou deuxième
souffle ?
En mars 2007 le cabinet
Les résultats sont
révélateurs à la fois de la frilosité des entreprises dans leurs recrutements
(effet de clone) et du handicap considérable que représente l’expérience,
comprenez l’âge des managers. Traditionnellement placé sur la barre des 50 ans,
le curseur glisse maintenant au milieu de la dizaine précédente. Ainsi, seuls 31%
des consultants interrogés disent présenter un candidat de plus de 45 ans dans
plus de 5 missions sur 10. Sur la tranche des 55 ans et plus, ils ne sont plus
que 2 %... Voilà qui fait les affaires des DRH soucieux de garder les talents
d’expérience dans l’entreprise….
Le drame veut que le
rajeunissement des comités de direction et la recherche frénétique des
réductions de coûts fixes conduisent inexorablement ces contributeurs aux
succès passés de l’entreprise vers la sortie. 49 ans…un chèque en poche,
on « réfléchit à son futur professionnel ».
Et là, commencent les
désillusions …Le marché est peu réceptif, les mois se suivent… D’après
les consultants, révèle cette étude, les chômeurs depuis plus d’un an font
l’objet d’un préjugé défavorable pour 8 chasseurs sur 10.
Sur qui compter quand 40 %
de votre vie professionnelle est devant vous et qu’au contraire du passé,
personne ne vous guidera vers votre nouvelle destinée ?
Certes les cabinets d’out
placement sont une aide précieuse ; ils réduisent le temps de retour à
l’emploi en moyenne de 50% (source Syntec), et pourtant, ils ne sont utilisés
que par 20% des cadres.
Reste le réseau. Utilisé à
bon escient, il peut être un élément majeur de la solution.
A force de contact, une mission est soudain
proposée ; le pas vers le management de transition est franchi.
Le management de transition :
Le management de transition est un concept apparu
à la fin des années 70 aux Pays Bas et qui a pris son essor en France depuis
1998.
Actuellement les acteurs se retrouvent dans 5 catégories :
Les raisons pour les entreprises de faire appel au
management de transition varient, mais elles ont toute en commun de vouloir
rétablir un certain déséquilibre : un changement lié à un projet que
l’entreprise ne peut ou ne veut gérer en interne, la mise en œuvre d’une fusion
ou d’une acquisition,
et bien entendu les retournements et restructurations.
A situation inhabituelle, contraintes particulières
donc réponse extra - ordinaire : faire appel à l’externe pour une mission
souvent capitale pour l’entreprise. En d’autres termes, accepter l’intrusion
d’un corps étranger sans y être réellement préparé.
Vu du point de vue du manager de transition, cela
signifie savoir réagir avec une extrême rapidité (une mission signée un vendredi soir peut commencer le lundi matin à l’autre bout
de l’hexagone)
Et posséder une expérience et des qualités peu
conventionnelles. Tel que défini par Amadeus Dirigeants, le bon profil pourrait
être le suivant :
1.L’expérience :
·
Il dispose
de 20 à 25 ans d’expériences probantes
·
Il a eu des
expériences multiples c'est-à-dire dans plusieurs sociétés ou groupes.
·
Ses expériences
ont été riches et de courtes durées (5 ans)
·
Il a eu des
responsabilités sensibles et décisives pour l’entreprise. C’est un décisionnaire,
·
Il a géré des
changements importants dans différentes entreprises ce qui implique qu’il sait
prendre des décisions difficiles.
·
Il est spécialisé
sur un segment de son métier (il existe plusieurs types de Directeurs
Financiers, chacun avec des parcours très différents)
·
Il a une
connaissance forte de 2 ou 3 secteurs d’activité guère plus. Ce qui veut dire
qu’il en connaît le fonctionnement, les réseaux, les objectifs, les obstacles …
·
Il parle anglais
et mieux encore une 3ème langue
·
Il est spécialisé
sur des secteurs géographiques
·
Il a une expérience internationale et de
préférence a travaillé dans différents pays
·
Il est vraiment
mobile et acceptera d’aller là où une mission l’appelle
2.
Le savoir être :
·
Il a du charisme
ou plus précisément, il s’attache à convaincre du bien fondé de ses décisions.
·
Il a une forte
capacité d’écoute. (Dans les 15 premiers jours d’une mission, il est
indispensable de se faire reconnaître comme la personne qui a les capacités de
résoudre le devenir de l’équipe, de l’entreprise ….)
·
Hommes
d’expérience, il doit devenir le référent dans l’entreprise sur le projet qui
lui aura été confié
·
Homme de terrain,
il n’hésite pas à mettre la main à la tache pour convaincre qu’il « sait
faire »
·
Il est organisé
et travaille dans la transparence
·
C’est un homme de
challenge, il aime installer, réorganiser, mettre en place, valider et laisser
la place. La gestion à long terme l’ennuie.
·
Il a entre 45 et
60 ans et plus. Il sait ce dont il est capable, n’a plus vraiment rien à
prouver dans son métier.
·
Il n’a aucune volonté de carrière ou de pouvoir.
Il ne fait que passer.
·
C’est un
communicant s’appuyant sur le bon sens et le factuel en sachant se mettre
« au niveau » de ses interlocuteurs.
·
Il est
pragmatique, créatif, curieux et homme de terrain. C’est un OPERATIONNEL.
·
Il a un discours
clair et réaliste
·
Le métier
d’Intervenant avec ses hauts et ses bas notamment financiers ne le gène pas
·
Son salaire
annuel brut est entre 84.000 € et 150.000 €
·
Il a déjà
l’esprit « entrepreneur » c'est-à-dire qu’il est conscient qu’il lui
faudra s’adapter aux besoins et au budget de l’entreprise. Il devient son
propre produit
·
Sa cellule
familiale accepte qu’il parte en mission, quelquefois en province ou même à
l’étranger.
On le voit,
le management de transition ne peut être une solution prise par dépit. C’est un
choix personnel qui engage pour l’avenir. Après quelques années,
d’indépendance, le retour à l’entreprise devient illusoire.
Le marché :
Illusoire
aussi la facilité d’accès au marché. Du fait de l’atomisation des acteurs, il
n’existe pas de statistiques fiables sur le marché du management de transition.
Certes la tendance est à la croissance, mais le
nombre de missions ne se situe qu’aux alentours de 3 000 par an, dont
50% sont conduites par des individus seuls. De plus, leur nombre variera en
fonction des domaines de compétences. A l’observation, plus ce domaine se
rapprochera des avantages concurrentiels de l’entreprise, et moins il aura
tendance à s’externaliser. D’une manière
générale on s’accorde sur les chiffres suivants
On l’aura compris, la
décision de se tourner vers le management de transition prise, la meilleure des
démarches est de chercher à s’appuyer sur les organisations existantes et en
parallèle….. ne compter que sur soi.
Pour plagier Machiavel, « ne pas engager sa
fortune sans engager toutes ses forces » au premier rang des forces, le
réseau. Mais là vous excellez !
Bertrand RIEDINGER
Président du comité éthique d’Amadeus Dirigeants
Directeur associé d’OasYs Consultant